Destination
Alger : la Casbah, la baie et ce qu'on ne voit pas depuis la corniche
Alger la Blanche s'étage en amphithéâtre au-dessus de sa baie. Trois jours suffisent à en saisir les strates : ottomane, coloniale, contemporaine.
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Alger se lit du haut vers le bas. La ville s'étage sur les collines qui dominent sa baie, et chaque niveau correspond à une époque : la citadelle et la Casbah ottomanes en surplomb, la ville haussmannienne de la période coloniale en dessous, le front de mer et les quartiers contemporains au niveau de l'eau.
Comprendre cette géographie, c'est comprendre comment organiser sa visite.
La Casbah
Classée au patrimoine mondial, la Casbah est une médina construite en amphithéâtre, faite de ruelles en escalier, de passages couverts et de maisons à patio serrées les unes contre les autres. Elle descend de la citadelle jusqu'à la basse ville.
Deux conseils pratiques. Visitez-la accompagné : la topographie est déroutante, beaucoup de passages se ressemblent, et un guide local vous ouvrira des lieux — palais, terrasses, ateliers — qu'on ne devine pas depuis la rue. Prévoyez de bonnes chaussures : c'est une succession de marches, souvent irrégulières.
Une partie du bâti est en cours de restauration ou en mauvais état. Certains édifices se visitent, d'autres non, et la situation évolue.
La ville basse et le front de mer
Au pied de la Casbah commence la ville du XIXe siècle, avec ses arcades le long du port, la place des Martyrs et la Grande Poste, un des bâtiments les plus photographiés de la ville.
C'est le meilleur quartier pour marcher sans plan : les boulevards descendent vers la mer, les arcades protègent du soleil, et les cafés sont partout.
Notre-Dame d'Afrique
Perchée au-dessus de Bab El Oued, cette basilique du XIXe siècle domine la mer. On y monte pour l'édifice lui-même, mais surtout pour le panorama sur la baie et sur la ville qui s'étale en contrebas.
Le Jardin d'Essai du Hamma
Un jardin botanique historique de plusieurs dizaines d'hectares, avec ses allées de ficus et de palmiers, ses bassins et ses perspectives dessinées. C'est le lieu de respiration de la ville, très fréquenté le week-end. Le Musée national des beaux-arts se trouve juste au-dessus.
Le Maqam Echahid et le Bardo
Le Mémorial du Martyr, trois palmes de béton dressées à 92 mètres, est le repère visuel de la ville moderne. On y accède pour le monument, le panorama et le musée qui lui est associé.
Le Musée national du Bardo, installé dans une villa mauresque, présente des collections de préhistoire et d'ethnographie dans un cadre qui vaut à lui seul la visite.
La Grande Mosquée d'Alger
Achevée récemment sur le front de mer, Djamaa El Djazaïr est l'une des plus vastes mosquées du monde et son minaret est le plus haut jamais construit. L'échelle du bâtiment et l'esplanade sur la mer en font un point d'intérêt architectural majeur, même vu de l'extérieur.
Renseignez-vous sur les conditions et horaires de visite, qui peuvent varier.
Trois jours à Alger
Jour 1 — La ville haute
Casbah avec un guide le matin, palais des Raïs en fin de matinée, puis descente vers la place des Martyrs et le port. Fin de journée à Notre-Dame d'Afrique pour la lumière.
Jour 2 — Musées et jardins
Jardin d'Essai du Hamma en début de journée, Musée des beaux-arts juste au-dessus, puis Maqam Echahid et son panorama. Soirée sur le front de mer.
Jour 3 — Autour d'Alger
Excursion à Tipasa, à environ 70 kilomètres à l'ouest : ruines romaines en bord de mer classées au patrimoine mondial, et le Tombeau de la Chrétienne sur la route du retour.
Ce qu'il faut savoir
- Le week-end est vendredi-samedi : beaucoup d'administrations et certains commerces sont fermés le vendredi.
- La ville est très vallonnée : les distances à pied sont plus fatigantes qu'elles n'en ont l'air sur une carte.
- Le français est largement pratiqué, ce qui rend les échanges faciles.
- Les photos dans certains lieux publics et aux abords d'installations officielles sont à éviter : demandez avant.